02 février 2010
LA PLACE DES FEMMES
Le clan des otoris de Lian Hearn
C'est cinq tomes composés d'une trilogie, puis d'une fin et enfin d'un début qui finit le tout (ce n'est pas si compliqué que ça !):
Le silence du Rossignol
Les neiges de l'exil
La clarté de la lune
Le vol du Héron
Le fil du destin
Le Clan des Otori se passe dans un pays qui ressemble au Japon médiéval avant que les armes à feu et les étrangers débarquent pour polluer l'univers de ce monde.
Le Clan des Otori, ce sont des histoires de clans sur fond de traitrises, d'alliances, d'hypocrisies, d'espionnages, de meurtres, d'amours impossibles. Nous suivons l'histoire de Takeo et Kaede, respectivement 16 ans et 15 ans, qui veulent à tout prix s'aimer. Ils ne suivent pas les conventions et vont déchaîner la colère de leur aînés. Takeo est partagé et déchiré entre ses trois identités : Otori, Invisible et tribus se battent en lui. Il va falloir qu'il apprenne à les rassembler, à se connaître. Lui et Kaede vont tout faire pour que les Hommes soient égaux et dans les Hommes sont bien sûr comprises les Femmes. La place de la femme est un des thème important dans cette belle histoire souvent très cruelle.
Takeo est une sorte de Ninja qui possède une ouïe extrêmement fine, et des talents magiques hors du commun. Il va souvent faire des choix judicieux ou cruels qui le rattraperont un jour ou l'autre et pas nécessairement de la bonne façon.
L'écriture de Lian Hearn est fluide. Elle vole presque sous nos yeux. Elle est voluptueuse. Pas un mot de trop. Pas un mot qui manque.
17 janvier 2010
APRES L'APOCALYPSE
Dix ans après une guerre nucléaire qui a ravagé le monde, un père et son fils, né peu après la catastrophe, sont contraints de quitter leur foyer pour échapper au froid et à la pénurie de nourriture. Il prennent alors la route vers le sud, le peu qu'ils possèdent entassé dans un caddie. Errant à travers un paysage apocalyptique, ils doivent se cacher des bandes armées cannibales, qui sillonnent le pays et se repaissent des plus faibles, et n'ont pour se défendre qu'un revolver contenant deux balles...
Formidable conte de fin du monde dans lequel deux survivants traversent des forêts brûlées, des villes en ruines aux immeubles déformés par la chaleur de l'explosion, sous un ciel plombé. Dans ce monde de plus en plus sombre et recouvert de cendres, l'homme cherche une raison de continuer à vivre quand tout ce qu'il connaissait a disparu et que tout espoir semble vain. L'écriture de McCarthy est brute, aride et illustre à merveille le chaos et la désolation qui entoure les deux principaux personnages. On visualise sans peine le cadre lunaire dans lequel ils évoluent, leurs souffrances, leur faim, leur peur et leur crasse. La structure des dialogues, très brute également, fait que l'on oublie qui, du père ou du fils, parle. On ne sait plus qui soutient l'autre, qui entraîne l'autre, qui persuade l'autre de ne pas simplement en finir. La route est un roman à la fois terriblement émouvant, éprouvant par la violence des événements qu'il raconte, et à la fois profondément optimiste. Le seul reproche que l'on pourrait faire à McCarthy c'est qu'on ne sait plus quoi lire après.
11 janvier 2010
QUAND LE DESTIN S'EN MELE
La solitude des nombres premiers, de Paolo Giordano
La première chose qui m'a attirée dans ce roman, c'est sans aucun doute la couverture. Cette main, ce papillon, illustration énigmatique. Cette main, peut-être celle de Mattia. Pourtant, la main de Mattia est recouverte de cicatrices. Depuis qu'il a perdu sa soeur jumelle, il se mutile, à la recherche d'un exutoire. Matteo est aussi un surdoué en mathématiques (les nombres premiers...), légèrement autiste...
Cette main, c'est peut-être également une évocation des lignes de la main, du destin. Matteo était sans doute destiné à rencontrer Alice au lycée. A la suite d'un accident de ski, Alice est devenue boiteuse, et anorexique.
Ces deux adolescents vont être attirés l'un par l'autre, sans doute par cette solitude commune. Au fil des années, ils vont se croiser, s'éloigner, mais ils seront toujours liés par un fil invisible, comme s'ils gravitaient tous deux autour d'une même douleur.
Dans ce premier roman, Paolo Giardano a réussi à l'aide d'un style limpide à émouvoir la lectrice que je suis. J'ai été emmenée au centre de ces deux destins, pressentant ou ressentant les liens qui se tissaient sans pour autant deviner la suite des événements. Un très beau roman.
27 décembre 2009
CAVERNE DES IDEES ET CACHOT DE LA MEMOIRE
L'Ombre en fuite de Richard Powers.
Fin des années 80. Adie Klarpol, jeune artiste new-yorkaise reconvertie dans le design publicitaire, s'envole pour l'Etat de Washington suite à la proposition d'un ami de fac de travailler avec lui dans une compagnie d'informatique. En effet la société TeraSys recherche un artiste peintre pour l'aider à développer un simulateur d'univers virtuels en 3D baptisé "la Caverne". Adie et ses collègues travaillent jour et nuit pour créer des environnements plus vrais que nature permettant de visiter de l'intérieur des oeuvres d'art et bien d'autres choses...
Taimur Martin, né d'une mère iranienne et d'un père américain, est professeur d'anglais et décide de quitter New York pour aller enseigner à Beyrouth après une ènième dispute avec sa petite amie. Peu de temps après son arrivée dans la ville défigurée par les bombes, il est pris en otage par un des nombreux groupes islamistes qui se partagent le pays. Isolé du monde, il n'a plus que son imagination et sa mémoire pour s'échapper de sa cellule.
Deux personnages, deux histoires, deux pièces qui n'ont, a priori, rien en commun. Pourtant Richard Powers a réussi, avec son talent habituel, à mêler ces deux destins. A travers le regard de ses personnages, il raconte à la fois l'histoire de l'art, l'essor de l'informatique, l'avènement des images virtuelles et les événements historiques de la fin des années 80 et du début des années 90. Du douanier Rousseau à Van Gogh, de la bibliothèque de New York à la basilique Sainte-Sophie d'Istanbul, de Tien An Men à la guerre du Golfe en passant par la chute du mur de Berlin, Powers nous emporte avec une virtuosité étourdissante dans un roman polyphonique brillant, exigeant, saisissant. Ce livre confirme qu'il est un des plus grands écrivains d'aujourd'hui. En un mot : GRANDIOSE.
19 décembre 2009
UNE PIANISTE TALENTUEUSE
L'univers de Regina Spektor est véritablement envoûtant, et c'est particulièrement le cas dans cet album. En écoutant cette voix chaude, on se trouve transporté dans un monde de douceur. Pianiste de formation, cette new-yorkaise d'origine russe surprend par la richesse de ses mélodies et sa créativité. Pour le vérifier, le clip "Eet". Du bonheur pour les oreilles et pour les yeux!
25 novembre 2009
REVE AMERICAIN
Mon ange de Guillermo Rosales.
William Figueras, écrivain cubain persécuté par le régime castriste (pléonasme...) a fui son île natale pour s'installer à Miami. Mais sa famille américaine, effrayée par sa folie et son esprit de révolte, l'envoie dans un boarding home, refuge pour ceux dont personne ne veux. Dirigée par monsieur Curbelo, bourgeois s'enrichissant en affamant ses pensionnaires et en détournant les subventions d'état, cette pension est une vraie cour des miracles pour exilés cubains. Les autres résidants, tous fous ou séniles, passent leur journée à errer dans leur prison, harcelés par Arsenio, surveillant alcoolique et sans scrupule, qui vole et viole au gré de ses envies. Dans cet univers sordide, William rencontre une jeune femme, Francine, un peu folle elle aussi. Sera-t-elle sa planche de salut ?
Comme son narrateur, Guillermo Rosales est un exilé cubain. Comme son ami Reinaldo Arenas (Avant la nuit), il a fini par fuir la dictature de Castro car il ne pouvait pas publier ses livres dans son pays. Aussi fou que son personnage, il n'a jamais réussi à s'intégrer aux Etats Unis et se suicide à Miami en 1993, trois ans après Arenas. Sorte de version cubaine de Vol au-dessus d'un nid de coucou, ce livre est une pépite de noirceur. Le désespoir transpire de chaque page mais, comme beaucoup de cubains, l'auteur préfère rire de son malheur. Un roman court mais intense où tout le monde en prend pour son grade. A lire quand le moral est bon...
23 novembre 2009
UNE FAMILLE ANGLAISE
Les brumes de Riverton de Kate Morton
Grace Bradley, ancienne domestique de Riverton (Angleterre), est contactée par une jeune cinéaste voulant retracer un événement énigmatique nimbé de scandale s'étant produit au cours des années 30 au domaine de Riverton. Le poète Robbie Hunter s'y était donné la mort en présence des deux soeurs Hartford.
L'évocation de cette époque donnera l'occasion de revenir sur l'origine de ce drame, en remontant à l'arrivée de Grace au domaine, ainsi que sur son existence totalement influencée par la famille Hartford.
J'ai adoré ce roman, le personnage de Grace, témoin plus qu'actrice et pourtant si importante dans le déroulement de l'histoire. Le passage d'une période à l'autre est enivrant, on boit chaque moment de la vie de Grace, et la manière dont elle livre ses "mémoires" ressemble à un désordre calculé. La narration est intelligente, par moments on sent ce qui va suivre, ce qui nous donne l'impression de totalement participer et pourtant les surprises et les feintes sont aussi au programme, jusqu'au dénouement, qui m'a effectivement surprise...
28 octobre 2009
AH ! MR DARCY !
Mr Darcy Vampyre de Amanda Grange
Mr Darcy en vampire ? Mais oui quelle excellente idée ! Et c'est Amanda Grange qui l'a eu ! Elle a écrit avant cela Mr Darcy' diary, qu'elle m'a aussi donné envie de lire. Être dans l'esprit de Mr Darcy doit être un régal.
Mr Darcy Vampyre débute le matin du mariage de Elisabeth Bennet et de Mr Darcy. Un Darcy qui n'a d'yeux que pour la belle et intelligente Elisabeth. Un Darcy toujours aussi mystérieux, ténébreux, chevaleresque, hypnotisant et séduisant et même, émouvant. On sent cette sauvagerie qui ne doit pas déborder de lui. Amanda Grange décrit les personnages tels qu'ils le sont dans le roman de Jane Austen si bien que cette suite paraît vraiment plausible. Et ça donne envie de lire de nouveau Orgueils et préjugé avec un autre point de vue. Vous ne rencontrerez pas de vampires qui brillent au soleil. Oh quel dommage ! C'est avec délectation que nous accompagnons les Darcys dans leur voyage de noce rempli d'aventures terrifiantes et amoureuses... Il y a l'ombre de Napoléon et ses invasions. C'est la fin d'une époque pour l'Europe. Il y a Elisabeth, qui n'est toujours pas complètement acceptée par sa belle famille. Les préjugés du sang... La fin m'a surprise... Et je n'ai pas aimé... Je vais donc effacer de ma mémoire les deux derniers chapitres.
23 octobre 2009
SEANCE D'OCTOBRE 2009
LE CHOIX DE KATYCAT : La voleuse de livres de Markus Zusak
Un des plus beaux romans que j'ai pu lire. La Mort nous raconte l'histoire de Liesel, enfant allemande, pendant la seconde guerre mondiale. C'est l'histoire, de Liesel mais aussi et surtout des mots, de leur pouvoir, de la littérature, de l'art en général. La Mort nous raconte la vie de cette petite fille forte qui va aimer et se faire aimer par des gens incroyables et qui vont essayer de changer les choses. C'est émouvant, dur, tendre, violent, parfois drôle.
BÉA LA LA
J'ai essayé de lire ce roman à trois reprises, mais impossible de le terminer... Je crois que les romans sur la seconde guerre mondiale, ce n'est définitivement plus pour moi. j'ai pourtant trouvé intéressante la méthode utilisée pour aborder ce thème, la personnification de la Mort...
LUCYFLASH
Un sujet très intéressant a priori : le pouvoir de la littérature, l'influence que peuvent avoir certains livres sur notre vie. Et un personnage-clé : la Mort elle-même, qui raconte ses "rencontres" avec la petite Liesel et son entourage, ses propres turpitudes, en quelque sorte son "mal de vivre". Même si le cadre historique est battu et rebattu (la Seconde Guerre Mondiale, l'Allemagne sous les bombes, le génocide des Juifs), l'originalité du style fait de ce roman un bon livre. Ce style assez froid et abrupte, que j'ai retrouvé dans les quelques romans allemands ou d'Europe de l'Est que j'ai lu et que je n'affectionne pas vraiment, a tout de même son intérêt dans la narration car il illustre le peu de cas que font les personnages, du moins au début, de la guerre. Elle glisse sur eux comme l'eau sur la pierre, vague grondement lointain, jusqu'aux pressions des recruteurs de l'armée et surtout jusqu'au "défilé" des Juifs au cours duquel Liesel et sa famille se rendent compte que les rumeurs étaient vraies.
L'APOTHICAIRE
Et je vais encore tailler un costard à un bouquin... Je n'ai pas du tout aimé ce livre que j'ai trouvé poncif et déjà vu. Choisir la mort comme narratrice très bien, mais ne pas développer plus que cela ce choix n'apporte rien à l'histoire. Je m'attendais à suivre Liesel tout au long de sa vie, mais on reste uniquement sur la période de la seconde guerre mondiale. Et on apprend, comme si on ne le savait pas déjà, que la guerre est horrible, que la vie peut être très cruelle et que les gens meurent. Non, sans rire ?!
LOVEY DOVEY
21 septembre 2009
EMBARQUEMENT IMMEDIAT !
Après cette aventure partagée, Lovey Dovey a décidé de voler de ses propres ailes. Il a donc réalisé son propre blog et a changé de pseudo à l'occasion. Pour faire court, il se nomme dorénavant Alexis Chiffon et vous pourrez le lire à cette adresse :
http://alexischiffon.canalblog.com
Il reviendra, néanmoins, régulièrement donner son avis sur les lectures communes des Petites amies d'Annie, qu'il embrasse bien fort.



