Les petites amies d'Annie

Club de lecture et autres coups de coeur

28 octobre 2009

AH ! MR DARCY !

0041EVAb4U24LMr Darcy Vampyre de Amanda Grange

Mr Darcy en vampire ? Mais oui quelle excellente idée ! Et c'est Amanda Grange qui l'a eu ! Elle a écrit avant cela Mr Darcy' diary, qu'elle m'a aussi donné envie de lire. Être dans l'esprit de Mr Darcy doit être un régal.

Mr Darcy Vampyre débute le matin du mariage de Elisabeth Bennet et de Mr Darcy. Un Darcy qui n'a d'yeux que pour la belle et intelligente Elisabeth. Un Darcy toujours aussi mystérieux, ténébreux, chevaleresque, hypnotisant et séduisant et même, émouvant. On sent cette sauvagerie qui ne doit pas déborder de lui. Amanda Grange décrit les personnages tels qu'ils le sont dans le roman de Jane Austen si bien que cette suite paraît vraiment plausible. Et ça donne envie de lire de nouveau Orgueils et préjugé avec un autre point de vue. Vous ne rencontrerez pas de vampires qui brillent au soleil. Oh quel dommage ! C'est avec délectation que nous accompagnons les Darcys dans leur voyage de noce rempli d'aventures terrifiantes et amoureuses... Il y a l'ombre de Napoléon et ses invasions. C'est la fin d'une époque pour l'Europe. Il y a Elisabeth, qui n'est toujours pas complètement acceptée par sa belle famille. Les préjugés du sang... La fin m'a surprise...  Et je n'ai pas aimé... Je vais donc effacer de ma mémoire les deux derniers chapitres.

23 octobre 2009

SEANCE D'OCTOBRE 2009

VOLEUSE





LE CHOIX DE KATYCAT: La voleuse de livres de Markus Zusak

Un des plus beaux romans que j'ai pu lire. La Mort nous raconte l'histoire de Liesel, enfant allemande, pendant la seconde guerre mondiale. C'est l'histoire, de Liesel mais aussi et surtout des mots, de leur pouvoir, de la littérature, de l'art en général. La Mort nous raconte la vie de cette petite fille forte qui va aimer et se faire aimer par des gens incroyables et qui vont essayer de changer les choses. C'est émouvant, dur, tendre,  violent, parfois drôle.

BÉA LA LA

21 septembre 2009

EMBARQUEMENT IMMEDIAT !

Alexis_ChiffonAprès cette aventure partagée, Lovey Dovey a décidé de voler de ses propres ailes. Il a donc réalisé son propre blog et a changé de pseudo à l'occasion. Pour faire court, il se nomme dorénavant Alexis Chiffon et vous pourrez le lire à cette adresse :

http://alexischiffon.canalblog.com

Il reviendra, néanmoins, régulièrement donner son avis sur les lectures communes des Petites amies d'Annie, qu'il embrasse bien fort.

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13 septembre 2009

TUEURS PROFESSIONNELS

R_gulateurLe régulateur de CORBEYRAN (scénario) et Eric et Marc Moreno (dessin et couleurs).

Cette série de bandes dessinées décrit un monde "steampunk", c'est-à-dire mélangeant des éléments du passé (décors et vêtements dans le style du XIXème siècle) et des éléments futuristes (véhicules volants et robots), dans lequel s'affrontent des bandes d'assassins professionnels appelés "régulateurs". L'une d'entre eux, Hestia, prend contact avec Aristide Nyx au nom de la société Hadès pour lui confier une mission importante : "réguler" une tueuse du nom de Ambrosia avant qu'elle ne liquide Léonard Typhoeus, candidat aux prochaines élections. Nyx accepte le marché mais cette mission va le replonger dans son passé cauchemardesque.

Très riche en action, cette BD mêle espionnage et complots. Les décors et véhicules font penser à l'univers de Jules Verne avec une omniprésence de l'acier et d'étranges machines futuristes. On découvre peu à peu, par l'intermédiaire de flasbacks, les secrets de l'enfance du héros, un tueur ténébreux et torturé. Les dessins expriment parfaitement l'action et sont assez sombres mais les deux flamboyantes tueuses, Ambrosia et Hestia, apportent une touche colorée qui vient équilibrer l'ensemble. Un très bon moment de lecture. Trois tomes sont parus pour l'instant : Ambrosia, Hestia et Ophidia.

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08 septembre 2009

MIGRATION

Dorénavant, le kaléïdoscope de Powermate est sur DISJECTA MEMBRA

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05 septembre 2009

LA CITE DE L'OUBLI

Quartier_MQuartier M (Tome 1 - Fêlures) de Benjo & Zano et Stéphane Beauverger.

Dans le quartier M vivent deux adolescents : Maël et Mog. Comme beaucoup d'habitants du quartier, les parents de Maël sont atteints d'un mal mystérieux qui leur fait perdre la mémoire (au point qu'ils oublient de s'occuper de leur enfants) et Mog doit s'enfuir de chez lui pour échapper aux accès de violence de son père. Les deux amis trouvent un peu de réconfort auprès de "monsieur", un vieil homme excentrique à la mémoire défaillante, et dans leurs escapades dans la zone interdite mais ils doivent ruser pour échapper à une bande de délinquants qui sème la terreur en ville : les "Ranas".

Je n'ai pas vraiment accroché à cette histoire d'ados en crise. Tout d'abord je me suis ennuyé en la lisant : j'ai trouvé le rythme un peu lent et les scènes trop figées. Les dessins, trop épurés à mon goût, ne m'ont pas vraiment transcendé non plus. Bof.

MUMMY IN GOTHAM

Smoke_citySmoke city (Tome 1) de Benjamin Carré et Mathieu Mariolle.

Dans un bar, Cole Valentine broie du noir au-dessus de son ènième verre de whisky quand apparaît une belle rousse au visage familier : Carmen, son ancienne co-équipière, évaporée dans la nature depuis six ans. Avec quatre autres amis, ils formaient une bande de voleurs célèbre jusqu'au jour où celle-ci les a trahis... Justement, elle vient lui proposer de reformer leur groupe pour dérober une mystérieuse momie dans un musée.

Buildings gris, ciel brumeux et ambiance crépusculaire font immédiatement penser à l'univers de Batman. Mais les héros de cette bande dessinée sont tout sauf des justiciers. Les dessins sont très réussis (en particulier le travail sur la lumière et les arrière-plans) et certaines planches font penser, pour les amateurs de jeux vidéos, aux décors de Splinter Cell. Pas étonnant puisque Benjamin Carré est également designer pour une société de jeux vidéos. Le scénario tient bien la route et donne envie de lire la suite mais un seul tome est paru pour l'instant.

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01 septembre 2009

LA FIN D'UN HEROS 2

Hercules_dvdHercules de G.F. Haendel.

Enregistrée en 2004 au Palais Garnier, cette version filmée de l'opéra de Haendel est interprétée par le choeur et l'orchestre des Arts Florissants, ainsi que William Shimell (Hercules), Joyce DiDonato (Dejanira), Toby Spence (Hyllus), Ingela Bohlin (Iole) et Malena Ernman (Lichas) dirigés par William Christie. Ce DVD vient compléter la version audio de Marc Minkowski (voir La fin d'un héros) et permet de comparer les exploits de ces deux géants de la musique baroque.

Tout d'abord j'ai trouvé que l'interprétation et la direction musicale de Christie étaient meilleures : plus justes, passionnées et précises. Elle mettent bien évidence le caractère tragique de cette oeuvre, car il s'agit bien d'un "dramma per musica", et la personnalité des protagonistes (la folie de Déjanire, l'orgueil d'Hercule). Les Arts Florissants sont, comme d'habitude, parfaits. L'orchestre est brillant et suit le chef de façon admirable. Les choristes sont étonnants d'intensité dramatique et de précision dans les nuances. Le choeur Wanton god of am'rous fires (acte II) en est un très bon exemple : ils produisent des variations d'intensité sonore (comme des "vagues") d'une qualité presque surnaturelle ! William Shimell (Hercules) est très convainquant en brute insensible et distante et Malena Ernman (Lichas), est excellente en "bras droit" fidèle et passionné : profitant de son physique athlétique, elle joue ce rôle d'homme avec humour et émotion. La belle Ingela Bohlin est une princesse Iole très crédible, aussi charmante que douée vocalement et pas si godiche que le livret le prévoyait certainement au depart... Bien moins innocente que le naïf Hyllus, fils d'Hercule, écrasé par l'image d'un père conquérant et tout-puissant, interprété par un jeune ténor anglais de talent (Toby Spence). Quant à l'interprétation de Joyce DiDonato, sans arrêt sur le fil du rasoir, au bord de la folie, elle est bien plus adaptée, à mon avis, au rôle de Déjanire que celle de Anne Sophie von Otter (voir La fin d'un héros). Elle apporte au personnage, hormis sa technique remarquable, une grande sensibilité et un brin de fureur et d'hystérie. Enfin la mise en scène de Luc Bondy, moderne et sobre sans tomber dans le minimalisme, est claire dès l'acte I : Hercule apparaît en treillis kaki (plaque d'identité métallique...), couvert de sang.

En conclusion, je ne vois aucun bémol, aucun reproche à faire à cette interprétation plus vivante et homogène que celle de Minkowski. Elle m'a beaucoup ému tant par la qualité des musiciens et des chanteurs que par la justesse et l'intelligence des choix du chef et du metteur en scène. Elle ne fait que confirmer que Haendel est un dieu de la musique et Christie son prophète.

Extrait : Ah think what ills the jealous prove (Iole met en garde Déjanire contre sa jalousie maladive).

29 août 2009

LE LABORATOIRE DES SOUVENIRS

AnnulaireL'annulaire de Yoko Ogawa.

Après un accident au cours duquel elle est amputée de l'extrémité d'un doigt, une jeune femme quitte son travail dans une usine de sodas et son village du bord de mer pour s'installer en ville. Au hasard d'une promenade, elle trouve une offre d'emploi dans un ancien foyer de jeunes filles reconverti en laboratoire. Le propriétaire des lieux, monsieur Deshimaru, taxidermiste, lui propose un poste de secrétaire et assistante à la préparation des "spécimens". La narratrice accepte et découvre la singulière activité de ce lieu : la naturalisation et la conservation de souvenirs, de morceaux de vie, sous les formes les plus variées (ossements d'oiseau, cicatrice, mélodie). Subjuguée par l'atmospère étrange de l'ancien foyer, elle tombe rapidement sous le charme de M. Deshimaru.

Maîtrisant parfaitement son sujet, Yoko Ogawa nous tient en haleine jusqu'au bout. Mystère et suspense autour d'un laboratoire d'un genre très particulier, atmosphère envoûtante et malsaine, érotisme, domination et fétichisme... Ce court roman est une vraie merveille, une très bonne introduction à la littérature japonaise.

LES AMANTS PAPILLONS

LoversThe Lovers de Tsui Hark avec Nicky Wu (Leung Shan-pak) et Charlie Young (Chuk Ying-toi).

Ce film, tourné et sorti en 1994, raconte l'histoire des amants papillons (titre alternatif : Butterfly Lovers), légende folklorique chinoise très célèbre qui existe sous forme d'écrits, d'opéra, de concerto et de films. Tout comme John Woo, Tsui Hark est une figure de proue du cinéma de Hong Kong et a lancé avec lui la "nouvelle vague" asiatique avec des hero movies et des fims de kung-fu dépoussiérés. On lui doit notamment Histoires de fantômes chinois et il a permis l'ascension de stars comme Chow Yun-fat (Le syndicat du crime, Anna et le roi, Tigre et dragon, Pirates des Caraïbes 3, Dragonball Evolution) et Leslie Chung (Happy Together, Adieu ma concubine). Cette légende a déjà été adaptée au cinéma en 1963 par Li Han-hsiang sous le titre The Love Eterne.

Les premières traces écrites de ce "Roméo et Juliette chinois" remontent au IXème siècle. Il raconte l'amour fou entre deux étudiants, Leung Shan-pak et Chuk Ying-toi, mais le premier ignore que le second est, en réalité, une jeune fille qui s'est travestie pour étudier dans une école réputée alors que ses parents étaient sur le point de la marier de force. Les deux jeunes étudiants vont d'abord tisser des liens d'amitié "virile" puis l'ambiguité va s'installer progressivement jusqu'à ce qu'ils prennent conscience de leur attirance mutuelle, Leung troublé par cet amour interdit et Chuk effrayée à l'idée d'être renvoyée de l'école. Peut-être craint-elle également que Leung ne l'aime plus s'il découvre la supercherie...

Ce film, hommage au film d'opéra, mélange les genres : mélodrame, conte fantastique, film musical (mais sans partie chantée). Il joue aussi sur le "gender bender" : ambigüité sur les identités sexuelles, androgynie, travestissement (classique de la culture populaire chinoise) et homosexualité. The Lovers est également une réflexion sur le féminisme, la place de la femme dans la société chinoise et la transgression des interdits (refus du mariage forcé, accès à l'éducation). Au début, on peut trouver que les acteurs surjouent mais, une fois mis de côté nos critères occidentaux, on "rentre" vraiment dans le film (d'autant plus qu'il n'est disponible qu'en VOST). La musique est très présente et les décors sont magnifiques. L'atmosphère du film contribue à sublimer cette histoire d'amour poétique et éternelle. A noter pour les amateurs : cette légende a aussi été adaptée dans un très bel album jeunesse par Benjamin Lacombe (Les Amants Papillons, Editions Seuil jeunesse).

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